Mon locataire ne paie pas son loyer, que faire ?
Être confronté à un locataire qui ne règle plus son loyer est une situation particulièrement délicate pour un propriétaire-bailleur. Au-delà de l’impact financier, ce type de situation génère souvent du stress et une incertitude juridique. Pourtant, le droit français encadre précisément les démarches à suivre. Une réaction structurée, progressive et conforme à la loi permet de défendre ses intérêts tout en respectant les droits du locataire.
Ce guide pratique détaille les principales étapes à suivre lorsqu’un locataire devient défaillant, depuis la phase amiable jusqu’au recouvrement de la dette.
Première étape : privilégier une résolution amiable
Dès la constatation du premier impayé, la priorité consiste à établir un contact avec le locataire. Un retard de paiement peut parfois s’expliquer par un oubli, un décalage bancaire ou une difficulté financière ponctuelle. Un échange direct permet souvent de clarifier la situation et d’éviter une escalade inutile.
Dans certains cas, la mise en place d’un échéancier de remboursement peut être envisagée. Cet accord doit impérativement être formalisé par écrit afin de sécuriser les engagements de chaque partie et de constituer une preuve en cas de litige ultérieur.
Deuxième étape : formaliser la demande par une mise en demeure
Si le locataire ne répond pas ou si les retards persistent, il devient nécessaire de formaliser la demande de paiement. La mise en demeure, envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception, constitue un rappel officiel des sommes dues et fixe un délai précis pour régulariser la situation.
Ce document marque une étape importante, car il démontre la volonté du bailleur d’agir dans un cadre légal et constitue une pièce essentielle en cas de procédure judiciaire.
Troisième étape : activer les garanties prévues au bail
Lorsque la mise en demeure reste sans effet, le bailleur peut se tourner vers les garanties mises en place lors de la signature du contrat de location. Si un garant s’est porté caution, celui-ci peut être sollicité afin de couvrir les loyers impayés.
Par ailleurs, si une assurance loyers impayés a été souscrite, l’incident doit être déclaré dans les délais prévus au contrat. Cette démarche permet, selon les garanties, d’obtenir une prise en charge partielle ou totale des sommes dues.
Quatrième étape : informer la CAF en cas d’aides au logement
Lorsque le locataire bénéficie d’une aide au logement versée par la CAF, les impayés doivent être signalés à cet organisme. Cette déclaration peut entraîner la mise en place d’un versement direct de l’aide au propriétaire, limitant ainsi l’aggravation de la dette.
La CAF peut également accompagner le locataire dans la recherche de solutions financières, ce qui peut parfois permettre une régularisation progressive de la situation.
Cinquième étape : faire délivrer un commandement de payer
En l’absence de régularisation, le bailleur peut engager une démarche plus formelle en faisant délivrer un commandement de payer par un huissier de justice. Ce document officiel accorde au locataire un délai légal de deux mois pour s’acquitter de sa dette.
Le commandement de payer est une étape clé, car il conditionne la suite de la procédure, notamment en cas de clause résolutoire prévue au bail.
Sixième étape : envisager une saisie conservatoire
Afin d’éviter que le locataire n’organise son insolvabilité, il est possible de solliciter une saisie conservatoire sur ses comptes bancaires ou ses biens. Cette mesure préventive, mise en œuvre par un huissier, permet de sécuriser le recouvrement potentiel des sommes dues.
Toutefois, cette saisie doit être confirmée par une décision judiciaire pour devenir définitive. Elle s’inscrit donc dans une stratégie juridique encadrée.
Septième étape : engager une procédure de résiliation judiciaire du bail
Si le locataire ne régularise pas sa situation dans le délai imparti, le bailleur peut saisir le tribunal compétent afin de demander la résiliation judiciaire du bail. L’assignation est délivrée par huissier et vise à faire constater l’impayé, prononcer la résiliation du contrat et, le cas échéant, ordonner l’expulsion.
Le juge examine la situation du locataire et peut accorder des délais de paiement, en fonction de sa bonne foi et de sa situation financière.
Huitième étape : mettre en œuvre la procédure d’expulsion
Lorsque le tribunal ordonne l’expulsion, un commandement de quitter les lieux doit être signifié au locataire par huissier. Celui-ci dispose alors d’un délai légal de deux mois pour libérer le logement, sauf décision contraire du juge.
L’expulsion ne peut être réalisée qu’en présence d’un huissier et, si nécessaire, avec le concours de la force publique.
Neuvième étape : tenir compte de la trêve hivernale
Entre le 1er novembre et le 31 mars, la trêve hivernale suspend l’exécution des expulsions, sauf exceptions spécifiques. Cette période n’interdit toutefois pas la poursuite des démarches judiciaires, ni la préparation de la procédure pour une exécution ultérieure.
Il est donc essentiel d’anticiper les délais afin d’éviter un allongement excessif de la situation.
Dixième étape : obtenir le remboursement des sommes dues
Même après une expulsion, la dette locative subsiste. Le bailleur peut engager des actions de recouvrement afin d’obtenir le remboursement des loyers et charges impayés. Selon la situation du locataire, des solutions amiables ou judiciaires peuvent être mises en œuvre.
Dans certains cas, un plan de remboursement échelonné peut permettre de récupérer tout ou partie des sommes dues sur le long terme.
Conclusion
Face à un locataire en situation d’impayé, la réactivité et le respect des procédures légales sont essentiels. Une approche progressive, débutant par le dialogue et évoluant vers des démarches judiciaires si nécessaire, permet de protéger les intérêts du bailleur tout en respectant le cadre juridique.
Compte tenu de la complexité de certaines étapes, l’accompagnement par un professionnel du droit ou de la gestion locative peut s’avérer précieux pour sécuriser l’ensemble de la démarche et limiter les conséquences financières de l’impayé.
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