Investir dans l'immobilier locatif en Espagne : bonne ou mauvaise idée ?
Le marché immobilier espagnol traverse actuellement une phase de forte effervescence. Entre l’augmentation marquée du volume des transactions, une progression modérée des prix, l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations et une tension persistante entre l’offre et la demande, le secteur connaît de profondes mutations. Ces évolutions suscitent à la fois des opportunités et des interrogations pour les investisseurs, les propriétaires et les locataires. Un état des lieux des dynamiques actuelles permet de mieux comprendre les enjeux de l’investissement locatif en Espagne.
Une forte croissance des transactions immobilières résidentielles
Au printemps 2024, le marché résidentiel espagnol a enregistré une hausse significative du nombre de transactions. En avril, les ventes ont progressé de plus de 25 % par rapport à l’année précédente, dépassant les 60 000 transactions sur un seul mois. Cette augmentation témoigne d’un regain d’activité et d’un intérêt soutenu pour l’immobilier résidentiel.
Les appartements ont particulièrement bénéficié de cette dynamique, avec une progression des ventes supérieure à 26 %, tandis que les maisons individuelles ont également connu une hausse notable, proche de 24 %. Cette croissance s’explique par une demande toujours élevée, portée à la fois par les acquéreurs nationaux et internationaux, ainsi que par un contexte économique perçu comme relativement favorable par une partie des investisseurs.
Des disparités régionales marquées sur les prix de l’immobilier
En avril 2024, le prix moyen de l’immobilier en Espagne s’est établi autour de 1 670 euros par mètre carré, enregistrant une augmentation modérée d’environ 0,5 % sur un an. Cette moyenne nationale masque toutefois d’importantes disparités régionales.
Certaines régions ont connu des hausses de prix très significatives. La Cantabrie, par exemple, a enregistré une augmentation supérieure à 30 %, tandis que les Baléares et La Rioja ont vu leurs prix progresser respectivement de près de 28 % et 22 %. Ces hausses traduisent une attractivité renforcée de certains territoires, souvent liés à des dynamiques touristiques ou à une offre limitée.
À l’inverse, d’autres zones comme les Canaries ou certaines parties de la Catalogne ont connu des évolutions plus contenues, illustrant un marché immobilier espagnol à plusieurs vitesses, fortement dépendant des réalités locales.
Les effets contrastés de la « Ley de Vivienda » de 2023
Adoptée en mai 2023, la loi espagnole sur le logement, dite « Ley de Vivienda », avait pour objectif principal de faciliter l’accès au logement locatif en encadrant les loyers dans certaines zones tendues. Un an après son entrée en vigueur, les effets observés apparaissent contrastés.
L’offre de locations traditionnelles a diminué d’environ 15 %, tandis que les locations temporaires ont fortement augmenté, avec une progression estimée à 60 %. Dans des villes comme Barcelone, ces locations représentent désormais près d’un tiers du marché locatif. Cette évolution a contribué à une hausse générale des loyers, avec des augmentations avoisinant 13 % en moyenne. Les loyers atteignent désormais des niveaux élevés dans les grandes métropoles, notamment à Barcelone et à Madrid.
Ces résultats soulèvent des questions quant à l’efficacité réelle de la réglementation et à ses conséquences indirectes sur la structure du marché locatif.
Un déficit structurel de logements
L’Espagne est confrontée à un déficit important de logements, particulièrement dans les zones les plus attractives. En 2024, la Communauté de Madrid et la Catalogne nécessiteraient à elles seules plus de 55 000 logements supplémentaires pour répondre à la demande. Cette insuffisance contribue à maintenir une pression constante sur les prix et sur le marché locatif.
Pour tenter d’y remédier, certaines autorités locales mettent en place des mesures incitatives. À Madrid, des dispositifs fiscaux ont été proposés afin d’encourager l’achat et la mise en location de logements, dans l’objectif d’augmenter l’offre et de réduire la tension sur le marché.
Des régulations locales de plus en plus strictes
Face à la montée des tensions liées au logement et au tourisme de masse, plusieurs villes espagnoles renforcent leurs régulations locales. À Palma de Majorque, des projets visent à interdire la création de nouvelles locations touristiques et à limiter l’arrivée des bateaux de croisière, afin de préserver l’accès au logement pour les résidents permanents.
À Valence, les autorités ont décidé de suspendre temporairement l’octroi de licences pour les appartements touristiques. Ces décisions reflètent une volonté croissante de réguler l’impact du tourisme sur le marché immobilier local, tout en cherchant à maintenir un équilibre entre attractivité économique et qualité de vie.
Le patrimoine immobilier de l’Église catholique
Un autre élément singulier du marché immobilier espagnol réside dans l’importance du patrimoine détenu par l’Église catholique. Celle-ci possède plus de 100 000 biens immobiliers sur l’ensemble du territoire. Cette situation découle en partie d’une loi datant de 1946, qui autorisait l’enregistrement de biens sans preuve formelle de propriété, une pratique ayant pris fin en 2015.
Aujourd’hui, ce patrimoine suscite de nombreux débats, notamment sur son impact potentiel sur l’offre de logements et sur la transparence du marché immobilier.
Les investisseurs étrangers et l’évolution du Golden Visa
L’Espagne demeure une destination prisée par les investisseurs étrangers, en particulier en provenance d’Amérique latine. Afin de mieux encadrer cet afflux et de limiter les effets inflationnistes sur les prix de l’immobilier, le gouvernement espagnol a revu les conditions du dispositif du Golden Visa.
Les nouveaux critères visent à orienter les investissements vers des projets présentant un intérêt général pour l’économie espagnole, plutôt que vers des acquisitions purement spéculatives. Cette évolution marque une volonté de concilier attractivité internationale et régulation du marché résidentiel.
Le lien étroit entre tourisme et immobilier
Deuxième puissance touristique mondiale, l’Espagne voit son marché immobilier étroitement lié à l’activité touristique. Les investissements dans les locations touristiques restent dynamiques, malgré les tentatives de régulation dans certaines villes.
Afin de mieux encadrer ce secteur, une plateforme nationale de collecte de données sur les locations touristiques et temporaires est en cours de préparation. Son déploiement prévu en 2025 vise à améliorer la transparence et le suivi d’un marché en forte expansion, tout en facilitant la mise en œuvre de politiques publiques adaptées.
Conclusion
Le marché immobilier espagnol se trouve à un moment charnière. La combinaison d’une demande soutenue, de hausses de prix régionales, de nouvelles réglementations et d’un déficit structurel de logements crée un environnement à la fois porteur et complexe. Si les opportunités de croissance demeurent importantes, les défis réglementaires, sociaux et économiques sont nombreux. Les évolutions à venir seront déterminantes pour comprendre l’impact de ces dynamiques sur les investisseurs, les acquéreurs et les locataires, et pour évaluer la trajectoire future du marché immobilier en Espagne.
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